Le livre de Lionel Jospin est apparemment un nouveau pamphlet anti-Ségo, est-ce une surprise ? Pas vraiment car je crois qu’il était toujours difficile pour ceux qui se voient à travers les yeux de leurs troupeaux, d’accepter qu’on leur préfère quelqu’un pour qui ils n’éprouvent rien d’autre que du mépris. Ce qui est bizarre est que tous les auteurs de ces pamphlets au vitriol ne se rendent pas comptent qu’ils rendent service à Ségolène Royal puisqu’ils définissent l’avenir du PS d’une certaine manière de la façon la plus claire : pour ou contre Ségo. Honnêtement, je n’ai pas envie de tirer sur Jospin car je pense que malheureusement pour lui et les autres, il sera toujours défini par sa défaite de 2002 et qu’il n’arrivera jamais à surmonter cet échec en grande partie parce qu’il se voit comme une victime et non comme un acteur. Cela l’empêche de reconnaître qu’il a commis des erreurs qui devraient le rendre plus magnanime avec les autres. Il suffit d’écouter Claude Allègre pour comprendre que les Jospinistes n’ont toujours pas compris qu’ils sont les moins bien placés pour juger les Ségolistes et que surtout en tirant sur Ségo et en faisant d’elle une personne comme l’écrit Jospin qui n’est qu’en« une figure seconde de la vie publique», ils démontrent que le Jospinisme est dépassé. Après tout si Ségo, avec tous les défauts et les insuffisances qu’on lui prête, a réussi à mettre à plat les Jospinistes avec toutes les qualités qu’ils prétendre avoir, cela veut dire qu’ils devraient se regarder dans la glace et tirer leur révérence puisque lorsqu’on se dit le meilleur coureur et qu’on se fait battre par une tortue on accepte que son époque est non seulement révolue mais qu’on n’a peut-être pas toutes les bonnes réponses. C’est cela que Jospin n’arrive toujours pas à comprendre, la politique n’est pas le concours d’entrer à l’ENA, c’est autre chose, c’est aussi une affaire de cœur et de tripes et justement le Jospinisme est non seulement désuet mais qu’il est robotique et prosaïque. Jospin ne m’a fait ressentir quelque chose qu’une seule fois et c’était de l’amertume, lorsqu’il a perdu face à Le Pen et Chirac et qu’au lieu de défendre son parti des hyènes et du déclin, il a préféré se retirer pour penser ses propres blessures. A l’époque, j’ai pensé que c’était un choix certes ambiguë mais courageux mais lorsqu’il a voulu revenir, j’ai compris qu’il l’avait fait par dépit comme pour dire aux Français, aux Socialistes, et aux gens de Gauche : « Vous ne me méritez. Je vais vous laisser vous débrouiller tout seul et vous comprendrez alors combien vous avez besoin de moi ! » Après cela, il ne peut que voir d’un mauvais œil, tout ce qui est venu après lui surtout si ceux qui suivent pensent que il faut oublier le Jospinisme pour sauver la gauche.
Encore une fois, ce n’est pas vraiment la personne de Lionel Jospin que je mets en cause car tout montre qu’il a justement du cœur et des principes mais c’est l’homme politique qui me déçoit parce qu’il n’arrive pas à dépasser ses rancœurs et ses désillusions. Je vais être dure mais j’espère aussi dire en disant cela mais je crois que si le livre de Jospin est aussi anti-Ségo qu’on le dit alors on comprendra très vite quelle est la différence entre un homme d’état et un animal de basse-cour bien que dans ce cas et c’est cela qui rend le destin politique de Jospin tragique, il arrive qu’on puisse incarner les deux en même temps ou plutôt dans des moments différents.

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