Le Temps a un excellent article sur la guerre en Irak, l’Amérique et la politique de Bush qui divise ses concitoyens. William Martel y donne une analyse intéressante de la situation polique qui a le mérite d’éviter la facilité :
George Bush estime que les progrès sont suffisants pour poursuivre l'effort. Mais il ne pourra pas faire changer d'avis ceux qui sont aujourd'hui opposés de front à la guerre. Le débat est allé si loin qu'il n'y a plus de place pour les arguments rationnels. La perception de ce qu'est la «victoire» dépend des croyances profondes de chacun. Pour les uns, comme le président Bush, la victoire sera obtenue lorsque l'Irak sera devenu plus démocratique et qu'avancera la reconstruction. Mais, pour les autres, cette victoire est aujourd'hui synonyme de la fin de la guerre. Les démocrates sont arrivés à la conclusion que leur base électorale veut un retrait immédiat des troupes. C'est une perspective qui me rend très nerveux.
Je crois que la vraie question est que pour une bonne partie de l’Amérique perdre en Iraq est inacceptable parce que ce serait un coup profond à sa virilité qui montrait aux terroristes que l’Amérique est faible et qu’elle est incapable de serrer la ceinture pour faire face aux difficultés comme le font les Hommes forts. Le défi des Démocrates et de ceux qui pensent qu’il n’est plus possible de gagner en Iraq et que rester est une manière de perdre et d’affaiblir l’Amérique est de présenter un retrait non pas comme une défaite Américaine mais Bushiste qui ne peut que réparer une erreur qui ne peut que tirer la première puissance mondiale vers le bas. Il s’agit donc de gagner la lutte des métaphores, pour ceux qui veulent continuer la guerre, l’Iraq, c’est la Tchécoslovaquie de 1939, pour ceux qui veulent l’arrêter, l’Iraq c’est Waterloo ou le Vietnam. Les premiers disent que quitter l'Irak attirerait les terroristes aux Etats-Unis. Les seconds disent ne pas poursuivre une politique axée sur un retrait d'Irak veut dire rendre l' Amérique vulnérable en dilapidant ses ressources (argent, force militaire) sur un pays qui n'est pas au centre de la lutte contre le terrorisme. Les disputes entre les deux camps sont passionnés et les vainqueurs seront ceux qui toucheront le coeur des Américains car l'émotion est plus importante que la raison dans ce genre de débat.

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