Nous sommes à plus d’un an de la campagne présidentielle américaine et déjà la campagne bat son plein. Il y a déjà eu plus d’une dizaine de débats et même si les Démocrates pour le moment ont un léger avantage étant donné le fait que tout le monde veut en finir avec les années Bush, ils restent vulnérables à une certaine caricature qui résume parfaitement les appréhensions des Américains envers le parti Démocrate: la peur qu’il est en fait un Parti Socialiste à la Française qui veut les surtaxer et les empêcher d’entreprendre et de travailler plus.
On se souvient que le film Sicko de Michael Moore vantait les mérites du système de santé Français et bien les républicains pour contrer le besoin que beaucoup d’Américains expriment de changer leur système de santé afin de le rendre plus juste ont choisi de qualifier tous les propositions de Démocrates comme étant des propositions socialistes que même la France de Sarkozy refuserait parce qu’elle a afin compris les vertus du libéralisme. Rudy Giuliani qui adore Sarkozy parce que celui-ci a été surnommé le Rudy Français et surtout qu’il a gagné son élection contre une femme ce qui lui permet de faire des parallèles entre les deux situations (Dans le monde de Giuliani, il est Sarkozy et Hillary est Ségolène), aime dire que Sarkozy américanise la France alors que Hillary, Obama et les autres veulent la Franciser, c'est-à-dire la « socialiser ». C’est une nouvelle version de la stratégie qu’avait employé George Bush contre John Kerry en 2004 en insinuant que Kerry voulait (on se souvient du discours au vitriol du Sénateur Zell Miller durant la convention des Républicains) que Paris décide si l’Amérique doit aller en Guerre et qu’il pensait comme un Français c'est-à-dire en rechignant à utiliser la France comme il le faut. La différence aujourd’hui est que l’élection de Sarkozy permet à la Droite Américaine d’arguer que la France a compris qu’elle avait eu tort et qu’elle sait rapprocher de l’Amérique non pas parce qu’elle partage ses valeurs mais parce qu’elle partage les valeurs de la Droite Américaine sur l’importance du travail et sur la décomplexion en face des inégalités puisqu’après tout les riches méritent toujours d’être riches, les pauvres d’être pauvres, les criminels et les désaxés d’être en Prison, les minorités d’avoir moins, …etc. II existe donc un ordre naturel des choses, la force et l’autorité sont toujours justes lorsqu’ils sont impliqués pour faire respecter la nature et son hiérarchie.
Heureusement pour les Démocrates, contrairement aux Socialistes, ils ont appris à rendre les coups même si ils ne sont pas encore des combattants aussi acharnées et efficaces dans l’art de la guerre que les Républicains. Les Démocrates se sont adaptés en devenant non seulement pragmatique, car le pragmatisme ne suffit pas, mais aussi en apprenant à parler de leurs valeurs non plus seulement en faisant la politique du cœur mais la politique du ventre en posant tout simplement cette question à des citoyens méfiants et désabusés : qui peut défendre vos intérêts contre toutes ces forces invisibles qui vous oppressent ? Des politiques qui vous disent que la vie est injuste ou plutôt toujours juste malgré ses inégalités ou des politiques qui peuvent être des rêveurs mais qui se battront farouchement les inégalités et les injustes sociétales ? C’est une manière très simpliste de présenter les choses mais la politique moderne et surtout Américaine (la politique Sarkozienne aussi) est faite de questions simplistes et les élections sont gagnées ou perdues non pas sur les réponses mais sur l’habilité des politiques à imposer la question qui restera avec l’électeur et qui l’accompagnera jusqu’aux urnes. En 2004, aux Etats-Unis, la question était qui pouvait protéger l’Amérique. En France, en 2007, la question était qui à les compétences, l’équipe, et l’appareil pour diriger la France. En 2008, aux Etats-Unis, elle sera soit qui peut tirer la page de l’ère de George Bush ce qui entrainera une victoire des Démocrates ou encore une fois qui peut protéger l’Amérique ce qui entrainera sûrement une victoire des Républicains.
Pour reparler des Socialistes, leur erreur est d’hésiter et de ne pas trancher et de laisser tout le monde vouloir et rêver d’être chef. J’écoutais Ségo le Week-end dernier, et je me disais que le parti Socialiste devra très rapidement soit la laisser devenir la première d’entre eux ou tourner l’ère du Ségolisme. Il n’y a pas de moyen d’éviter un choix clair sans maintenir le statu quo et perdurer la traversée du désert. L’exemple des Démocrates est instructif car il ne s’agit pas seulement de choisir une personne, ou plutôt un chef mais un leader passionné qui prendra son bâton de pèlerin sans avoir peur de trancher et de frapper même ses camarades lorsqu’ils ne seront pas disciplinés.

Je pense que les Démocrates ont aussi des réponses (pragmatiques) à apporter sur la protection (tant au niveau de l'insécurité national qu'international)
Rédigé par : Panthagoras | lundi 27 août 2007 à 07H20