« Comment peut-on tirer un enseignement utile de la méthode Blair ? Pour lui, le plus grand problème n'était pas tant de contrer la division entre les partis que de dompter les médias qui l'avaient d'ailleurs surnommé « le Tigre ». « Mieux vaut grimper sur le dos du tigre que de le laisser vous sauter à la gorge », avait-il coutume de dire. Il a donc fait du marketing sa préoccupation principale. (...) Mais la rhétorique ne peut masquer les erreurs les plus graves. La crédibilité du gouvernement s'est trouvée gravement affaiblie. Si le mariage entre Blair et la Grande-Bretagne a duré si longtemps, c'est parce que comme un époux volage, il parvint à garder tout son attrait malgré ses infidélités. Son inextinguible sourire rassurait bien davantage que la mine renfrognée de ses adversaires. Il continua donc à paraître sous son jour de beau garçon jovial, habile à la plaisanterie, qui pouvait se moquer de l'establishment en le battant sur son propre terrain. Et surtout, les conservateurs n'ont pu trouver personne qui sache exsuder un tel charme de pop star.
La question à se poser est la suivante : la politique peut-elle continuer à tourner autour d'une image ? Blair était bien conscient de ce problème. C'est pourquoi il s'est montré, ces dernières années, si préoccupé de sa légitimité et du jugement de l'histoire, qui sait dévoiler ce qui a soigneusement été caché ». Theodore Zeldin,“Monsieur le Président, surtout, n'imitez pas Tony Blair!”

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