« Traité simplifié. Mais traité quand même. Et le moteur européen qui, du coup, se remet en marche. Ce résultat c'est à Nicolas Sarkozy que, pour une large part, nous le devons. « Nous » - c'est-à-dire tous les Européens qu'avait catastrophés le non français au référendum de 2005. Reste, cela dit, un climat. Reste cette impression de scepticisme et de désenchantement qui tranche si bizarrement avec l'euphorie des temps où l'on disait « construction européenne » pour désigner, mieux que l'espérance, l'horizon de nos générations. Peut-être n'y a-t-il pas d'horizon, après tout. Jamais. Et encore moins, comme on disait encore, d'horizon « indépassable ». Peut-être la vraie erreur fut-elle de penser, oui, que l'Europe était dans le sens de l'Histoire, inscrite dans la logique profonde de l'époque, nécessaire, inévitable : une Europe qui se faisait toute seule, dans notre dos ou notre sommeil, vieille taupe des âges nouveaux, pas besoin de la peine des hommes, encore moins de leur énergie, il suffit de laisser faire, peut-être de pousser un peu, l'Europe se construira de toute façon - l'Europe « fara da se » comme l'Italie selon Cavour, car l'Europe c'est la Providence. Dernière illusion du progressisme ? Ultime piété d'une politique qui ne se résout pas à se laïciser tout à fait ? » Bernard-Henri Lévy, “Chapeau, Sarko. Courage, Kouchner. Au secours d'Abbas. Salut à Colombani.”

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