On parle beaucoup des nouveaux inscrits, des indécis, des jeunes et des banlieusards qui pourraient faire cette campagne et empêcher Sarkozy de gagner. Dans le Telegraph d’hier, le vote des banlieusards était présenté comme la seule véritable menace pour Sarkozy. Je n’arrive pas y croire parce que je me demande si justement Sarkozy n’a pas réussi à banaliser cette élection et que la longue campagne n’a pas fait revenir à la surface le vieux et faux dicton de « tous pourris. » L’expérience américaine montre qu’un candidat qui compte sur les jeunes et les nouveaux inscrits pour gagner une élection perd presque toujours car ceux-ci trouvent toujours une raison pour ne pas voter en se désistant au dernier moment ne voulant pas choisir car après tout leur indécision est juste une preuve du peu d' intérêt que le vote a dans leur vie, que c’est plus le refus de choisir qui crée leur indécision que l’envie d’en savoir plus. Mais bien évidement, il y a toujours ce que j’appelle la carte de « l’élection unique » qui est la perception créée que l’élection est la plus importante pour toute une génération et qu’elle peut changer la vie comme dirait la force tranquille. Donc en somme, je pense que ce qui va déterminer l’élection est sa perception par les Français. Cette élection est-elle une élection comme les autres ou est-elle différente des autres ? Si les Français pensent qu’elle est différente Ségo ou même Bayrou gagne, s’ils pensent qu’elle est comme les autres le reste de cette élection sera un long fleuve tranquille pour Sarkozy même s’il devra faire face à quelques petites tempêtes qui lui feront prendre du retard sans jamais l’empêcher de dépasser la ligne d’arrivée. Le journal Anglais The Independent affirme que cette élection est la plus importante pour toute une génération mais je me demande si ce n’est pas du blabla pour romancer une compétition qui est être banale. J’avoue que je suis dans le flou parce de Washington, je ne peux pas juger de l’ambiance en France et que j’ai l’impression qu’il y a une campagne souterraine que les medias ne montrent pas. J’ai envie de croire aux banlieues, aux indécis, aux jeunes mais je sais très bien qu’on ne peut jamais compter sur eux lorsqu’il s’agit de politique parce qu’après tout, ils n’ont jamais pu compter sur la politique.

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