« Si les chefs socialistes font une drôle de tête, silencieuse et abstraite comme quand on va à l'enterrement de quelqu'un qu'on n'aimait pas, c'est qu'ils ne croient pas au danger pour la démocratie. La droite les a contaminés. Ils s'expriment à sa place, sans le dire mais en le montrant : ils croient à l'incompétence de leur candidate et ça les ennuie beaucoup. Ils y voient une sorte de justification à leur défaite. Ils se disent qu'ils auraient tout de même dû l'em-pêcher d'être candidate et qu'ils n'y ont pas réussi. Fabius et Strauss-Kahn s'en veulent. Comme il m'est arrivé souvent, ces derniers mois, de songer à François Hollande. Quelle n'était pas sa douleur. C'est qu'il la connaissait mieux que personne et que malgré la chance, l'imprévu, la mayonnaise, le succès qui va au succès, lui, il savait... Il a dû être soulagé en constatant que la droite la ménageait, contenait ses injures dans des limites bien convenables. Et en même temps il sentait que c'était pire que tout. Tôt ou tard, la vérité l'emporterait ». Stéphane Denis, “Le Danger Se Fait la Malle.”

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