Christophe Barbier appartient à une espèce en voie de disparition car il pense encore que nous vivons dans un monde où ce sont les journalistes, éditorialistes qui font l’information politique en décidant à la place des électeurs de la valeur des candidats à une élection. Beaucoup reprochent à Christophe Barbier d’être anti-Ségoliste mais je ne pense ce ne serait pas si grave si son problème n’était que celui-là car après tout l’anti-Ségolisme est un mal donc souffrent beaucoup de gens. Le problème de Christophe Barbier est plutôt que faisant partie d’après lui de la classe supérieure à cause de son intelligence, de son éducation, et de sa profession, il croit qu’il est de son devoir de décider pour les membres des classes inférieures de la valeur des choses et des gens. Christophe Barbier est paternaliste. Ses éditos et ces billets sur son blog s’évertuent à mâcher pour ses lecteurs et les petites gens l’actualité enfin qu’ils n’aient pas à penser et à juger par eux-mêmes car après tout par magnanimité le grand Barbier le fait pour eux par ces pauvres gens et leur sert de la pensée prémâchée. Un exemple de cela est son dernier billet dans lequel il affirme que Ségolène Royal a usé d’un souffleur durant son interview sur RTL avec Jean-Michel Aphatie. Morceaux choisis :
Il y a deux façons de juger cette attitude. La première est de considérer que Ségolène est une candidate modeste, qui assume de ne pas tout savoir sur tout. Si elle est élue, elle aura aussi des sherpas et des conseillers pour la "briefer" en permanence. Mais pourquoi, alors, cacher aux auditeurs ces petites ruses? Ou bien l'on peut conclure qu'elle n'est pas au niveau, qu'elle ne maîtrise pas assez les dossiers, notamment internationaux, pour être présidente. Bref, ses partisans parelront d'authenticité modeste, ses adversaires crieront à l'imposture.
Ségolène Royal est-elle madame Boulette? Est-elle une candidate assistée? "Sur la politique étrangère, Mitterrand, tout en appréciant son côté marginale, hors de tout moule, aurait dit d'elle: "Ignare"", me raconte un témoin de ces grandes années. "Pour l'éloge de la justice rapide en Chine, elle parlait de la justice commerciale", ose préciser le député André Vallini. La question des compétences de la candidate PS ne va pas cesser de hanter la campagne. Même vous, vous vous interrogez, non?
Ce qui est intéressant et malhonnête est que Barbier communique une fausse information dont il connaît les dégâts qu’elle causera et qu’ensuite il feint d’être objectif en refusant de tirer les conclusions lui-même de ce qu’il affirme être la supercherie de Ségo mais dirige ses lecteurs vers les conclusions qu’il veut qu’ils tirent de cette information. Aphatie a beau avoir démenti le prétendue scoop de Barbier sur la soi-disante oreillette de Ségolène et l’avoir appeler pour lui dire qu’il s’était tromper, Barbier n’a toujours pas corriger l’information sur son blog prouvant ainsi que l’effet recherché était d’aider à confirmer l’image de Ségolène comme une marionnette ignare qui a besoin d’être téléguidée.
C’est Laurent Bazin qui en commentant sur ce billet pestilentiel qui remet un peu de clarté dans le bazar créé par Barbier en décrivant le nouveau monde et la nouvelle politique que trop de journalistes refusent d’accepter. Ses métaphores sont injustes et abusives mais sa conclusion est la bonne.
A l'inverse, comme les télé-évangelistes, Ségolène Royal est sur le terrain de l'adhésion à sa personnalité, presque de la foi en ce qu'elle incarne. Voilà des mots qui résonnent si peu dans le vocabulaire politique traditionnel qu'Alain Duhamel a refusé de la voir venir, avant de l'éreinter dans la version corrigée de son dernier livre.
Je conçois parfaitement que son hyper-fabrication, ses apparentes pudeurs de jeune fille ou son début de supériorité vis à vis de ses interviewers t'agace.
Mais qu'elle (Ségolène Royal) aille au bout ou pas, que l'on condamne ou pas sa méthode et ses façons de nous snober, peut-être faut-il tout simplement nous habituer, nous journalistes, à ne pas la juger selon les critères qui prévalaient hier. Elle est a la politique ce que la nouvelle économie a été à la finance. Une bulle, peut-être... Mais peut-être aussi le symptome d'un changement profond de nos habitudes et de nos fondamentaux.
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