Après le 11 Septembre, André Glucksmann a publié un livre essentiel sur le terrorisme dans notre jeune siècle, «Dostoïevski à Manhattan » pour mettre l’accent sur le nihilisme de ces terroristes qui avaient trouvé l’idéologie et les principes nécessaires pour justifier le meurtre de plus de 3000 personnes. Avant-hier, en regardant Bush, annoncer qu’en dépit des élections de mi-mandat que son parti avait perdu, en dépit du fait que les Américains ne le croient plus, il allait intensifier le conflit en Irak en envoyant plus de 20,000 soldats en Irak, j’ai pensé à Glucksmann et à Dostoïevski. Je n’essaye pas comme trop de gens d’extrême gauche de faire un parallèle sauvage entre Bush et Ben Laden qui considéraient à dire qu’ils sont deux différentes figures du diable, mais je me rends plutôt compte avec angoisse que pour Bush la réalité n’a aucune importance puisqu’il est sûr non seulement d’avoir raison mais que Dieu lui parle.
Lorsqu’Ivan Karamazov s’exclame qui si Dieu n’existe pas, tout est permis, il pourrait tout aussi bien dire que si Dieu est avec lui, tout est permis et que ce soutien l’absout des violations des principes et des lois fondamentales pour l’humanité. Bush a terminé son discours non pas avec le traditionnel que « Dieu bénisse l’Amérique » mais en évoquant le fait que le créateur de la liberté bénirait la mission (impossible) qu’il confiait à l’armée américaines. C’est l’ancien conseiller du Président Carter, Zbigniew Brzezinski qui parlait de croyances fanatiques concernant l’Iran pour décrire cet entêtement fou à vouloir faire de l’Irak la France occupée par les Nazis durant la seconde guerre mondiale. Bush s’est enfermé dans une logique qui l’oblige à achever la mission divine qui lui a été confiée et dont les Américains et le monde ne comprendra la noblesse que plus tard. « C’est l’histoire qui me jugera et qui prouvera que j’avais raison » aime-t-il déclarer et le problème est que cette déclaration prouve que le présent n’a aucune importance puisque le combat a un côté messianique. Jésus s’est fait crucifié par les hommes mais cette fin cruelle et injuste ne l’a pas empêché de régner plus tard. Bush est donc à mon sens un nihiliste religieux, quelqu’un qui pense que tout est permis du moment que Dieu le veut. Autrefois on surnommait Christophe Mitterrand, « Papa m’a dit », on pourrait aujourd’hui surnommé Bush, « Dieu m’a dit » car il croit que Dieu lui parle et lui a confié la mission coûte que coûte de libérer le monde. Dans sa pièce, la Machine Infernale, Cocteau fait dire à Œdipe les mots suivants, « Beaucoup d'hommes naissent aveugles, et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux. » Bush est aveugle et le problème pour l’Amérique et pour le monde est que même lorsque qu’une bonne vérité viendra lui crever les yeux, il la considéra comme un signe de Dieu lui disant de continuer. Après tout, Job n’a-il pas considéré longtemps tous ses châtiments comme des bénédictions de Dieu ? Cela me rappelle lorsqu’il disait avec son masochisme habituel, « toutes mes humiliations ont été des grâces de Dieu ». Notre époque est formidable, vivons seulement!




Interprete : renaud et axelle red
Auteur : renaud
Année : 2002
Texte :
Petit Portoricain, bien intégré quasiment New-yorkais
Dans mon building tout de verre et d’acier,
Je prends mon job, un rail de coke, un café,
Petite fille Afghane, de l’autre côté de la terre,
Jamais entendu parler de Manhattan,
Mon quotidien c’est la misère et la guerre
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
Un 747, s’est explosé dans mes fenêtres,
Mon ciel si bleu est devenu orage,
Lorsque les bombes ont rasé mon village
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
So long, adieu mon rêve américain,
Moi, plus jamais esclave des chiens
Vite imposé l’islam des tyrans
Ceux là ont-ils jamais lu le coran ?
Suis redev’nu poussière,
Je s’rai pas maître de l’univers,
Ce pays que j’aimais tellement serait-il
Finalement colosse aux pieds d’argile ?
Les dieux, les religions,
Les guerres de civilisation,
Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
Font toujours de nous de la chair à canon
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle.
Cultivons la paix, je pense qu'une grande par de l'avenir et de la noblesse des Etats-Unis se trouve dans la paix.
Rédigé par : Panthagorass | samedi 13 janvier 2007 à 11H09