Je viens de lire l’article de Patrick Adam sur le film Indigènes « "Indigènes" : remplacer une amnésie par une autre » dans lequel il dit cette phrase qui est lourde de sens, « (…) il n’est pas sain de reconstituer l’histoire selon nos critères actuels, juste pour faire pleurer dans les chaumières. » Cette réaction est très humaine car elle est celle de tous ceux qui aiment tellement mal la France qu’ils ne peuvent pas lui pardonner ses erreurs et ses conneries pour utiliser un terme d’aujourd’hui. L’article de Patrick Adam m’a rappelé les propos d’Ivan Rioufol en début d’année dans lequel il dénonçait l’autoflagellation,
En s'appliquant l'autoflagellation, la France en quête de destin laisse son passé lui échapper. Où est la fierté quand le bicentenaire d'Austerlitz est célébré en catimini, de crainte d'irriter des minorités ? D'autres pays européens, davantage impliqués dans la traite des Noirs ou le colonialisme, se gardent de succomber à cette mésestime de soi. L'exercice n'effleure pas les pays arabes et africains, premiers des esclavagistes. (...) Que la nation regarde son histoire en face est la moindre des choses. L'esclavage et le colonialisme doivent être enseignés au même titre que la Saint-Barthélemy, le génocide vendéen, le zèle collaborationniste de Vichy. Cependant, les demandes de repentances ne cherchent plus seulement à consolider des souvenirs. Elles sont utilisées pour s'approprier des plaies et marquer des humiliations. Un refus de l'héritage commun accompagne souvent ces dénigrements.
Comme je l’avais écrit à l’époque tous ceux qui aujourd’hui oppose fierté et honte lorsqu’ils parlent de la patrie et qui trouve suspect toute tentative aussi imparfaite et incomplète soit telle de regarder les zones d’ombres de l’histoire Française , sont des gens qui ont une conception très prosaïque et très machiste de l’amour dans le sens où pour eux l’impureté, la critique et fait d’être scandalisée par les ignominies de l’histoire ne vont pas ensemble avec le patriotisme et la fierté d’être Français. Ces personnes là qui sont tellement folles de France qu’elles doivent tout relativiser et faire du rejet une preuve d’amour s’obstinent en fait à ne pas apprendre la leçon que les femmes ont apprise depuis Eve : la plus belle preuve d’amour est d’accepter les défauts, les dérives et surtout les infractions de la chose, de la personne et du pays qu’on aime. Il ne peut y avoir de grandeur sans rejet des bassesses du passé et surtout plus un pays à des désirs de grandeur et d’avenir hors du commun plus il doit condamner chaque acte qu’il pose qui n’est pas à la hauteur de ses idéaux. Il n’y a que les états totalitaires où la fierté nationale se décrète en donnant naissance au nationalisme et fait le choix coupable non pas seulement d’oublier l’histoire mais surtout de justifier l’injustifiable en utilisant des arguments créatifs mais sans valeurs et en dénonçant la culpabilité des autres comme pour dire, « le fait que nous soyons tous coupables et qu’à l’époque ces injustices étaient acceptables nous déresponsabilise et nous interdit de porter tout jugement sur notre passé. »


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