Le Bondy Blog a un billet intéressant qui humanise toutes ces personnes « sales » de Cachan dans lesquelles la France ne se retrouve pas ou ne se reconnaît pas. C’est vrai que les images de Cachan ne sont pas belles et surtout sentent mauvais. Ces images montrent surtout que le mélange entre couleur, misère, immigration et propreté est non seulement explosif mais profite plus au Front National puisqu’il montre que d’une certaine façon il existe une France qui est encore plus misérable et plus crasseuse que la France d’en bas. Celle-là n’intéresse personne parce qu’elle est apolitique et surtout parce que beaucoup pensent qu’il est encore temps de la faire disparaître. Cachan me fait penser à la Nouvelle Orléans, à ses quartiers qui empestent et qui ne seront jamais reconstruits parce que les gens qui y vivent sont comme les déchets qui s’entassent dans les lieux où ils ont vécus toutes leurs vies : jetables. Le problème de Cachan n’est donc pas à mon avis un problème d’immigration mais d’intégration et la vraie question est la suivante : comment est-il possible tant de personnes dont la couleur de peau est la même que celle de Thuram ou de Zidane puissent avoir vécues aussi longtemps ensemble dans un squat qui empeste dans lequel même le diable ne laisserait pas vivre ses esclaves, que même l’imagination excentrique de Dante n’aurait pas créé ? Dans la Nausée de Sartre, Roquentin nous parle du sentiment inconfortable que nous ressentons tous lorsque nous sommes confrontés à notre propre liberté et à cette vérité appauvrissante qui nous rappelle que c’est nous qui choisissons qui nous sommes et qui faisons notre monde. Les politiques et les autres n’ont-ils donc pas créer Cachan parce qu’il était plus facile d’exiler, de « communitariser » cette laide France entre les murs d’un immeuble insalubre pour empêcher que ces gens qui viennent d’ailleurs n’infectent de leur vermine la vraie, la pure, et la belle France ?




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