La phrase qui me vient à l’esprit pour résumer cette semaine fatigante et alarmante est la même que celle que Ché (joué par Antonio Banderas dans le film avec Madonna), le narrateur d’Evita, la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber prononce au début pour décrire la fin et la vie d’Eva Perón, « Oh what a circus ! (Quel cirque) » Je ne sais plus quoi penser tellement Washington et mon univers sont désarçonnés. La seule bonne nouvelle est que Washington va bientôt se vider de tous ces politiques qui sont trop préoccupés par l’élection de Novembre pour être utile. Blair était dans ma ville Vendredi et j’ai compris que la situation était grave lorsque je me suis rendue compte que je n’arriverais même plus à le trouver séduisant et que tout ce qui restait de son immense talent était celle d’un homme ingénieux qui s’est courbé devant un autre qui l’était mieux que lui. L’a-t-il fait par conviction, par calcul ou tout simplement pour servir les intérêts du Royaume Unis ? Je n’ai pas de réponse à cette question mais ce que je sais est que parce qu’il ne le pouvait pas ou parce qu’il ne le voulait pas, Blair n’a pas réussi à « blairiser » Bush et que c’est le contraire qui semble s’être produit.
La vraie question que je me pose est celle de savoir si les politiques, si les classes dirigeantes, et les élites que nous avons dans nos pays respectifs pourront rendre ce siècle moins apocalyptique et construire en gommant les ruines ou en étoffant le vide. En écoutant Bush et Chirac parler avec peu d’imagination et de ferveur cette semaine, j’ai eu envie de réveiller les morts pour faire revivre Kennedy ou même De Gaulle. Puis je me suis rendue compte que le défi de l’être humain est de créer son futur et non de sans cesse se tourner vers son passé en l’empêchant d'expier. J’ai compris que cette leçon était la bonne lorsque certains socialistes, cette semaine, ont décidé d’appeler Jospin au secours. Je me suis surtout dit que pour faire preuve autant d’imagination et de courage qu’eux, je devais trouver la potion magique qui ressuscitera Mitterrand. Cependant, je ne pense pas qu’il ait envie de revenir, car il sait bien lui qu’il y a des secondes chances qui n’en vaillent pas la peine et qu’il faut savoir laisser en paix non seulement les morts mais aussi les talentueux retraités.


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