Le drame de Cana fait la une de tous les journaux du monde ce matin. J’ai longtemps cherché un édito qui parlerait d’une voix calme et réfléchie de la situation absurde dans laquelle se trouve le Proche-Orient et je suis tombée sur celui de Paul Krugman du New York Times. Il argue que la chose la plus alarmante pour quelqu’un qui soutient Israël est de constater qu’elle commet au Liban les mêmes erreurs que les Etats-Unis en Irak. Voici une partie de son article (la traduction est la mienne) :
« Le choix d’Israël de compter sur une stratégie de choc et stupeur (Shock and Awe) plutôt que sur une stratégie diplomatique ou sur des troupes sur le terrain est le même que celui des Etats-Unis de forcer les inspecteurs de l’ONU hors de l’Irak pour ensuite envahir ce pays avec un nombre insuffisant de troupes. Ce choix a l’effet contraire de celui recherché. Le Hezbollah est de plus en plus populaire alors qu’Israël voit son image de puissance régionale salie et devient un monstre aux yeux du reste du monde. Se plaindre que ceci est injuste ne changera pas la situation tout comme répéter que Saddam Hussein était un monstre n’améliore pas la situation en Irak. Israël a besoin de se sortir de ce bourbier’ puisqu’elle ne veut pas réoccuper le sud du Liban, cela veut dire faire ce qu’elle aurait dû faire dès le départ : faire preuve de retenue et essayer de trouver une solution diplomatique. »
Tom Friedman, le grand journaliste du New York Times a dit sur NBC hier quelque chose que je pense être juste. Pour lui, continuer cette guerre n’aura pas les conséquences qu’Israël veut qu’elle ait, et il était temps d’arrêter cette violence qui ne sert à rien d’autre qu’à tuer plus de gens pour rien, à radicaliser les esprits et à mettre en place des forces qui créeront plus tard des groupes encore plus dangereux que le Hezbollah. Moi, je ne sais pas grand-chose et je suis obligée de regarder cette guerre comme je regarderai un film de Spielberg ou de Coppola en criant impuissante devant ma télévision « Pourquoi ? » Et je me souviens de Munich, l’excellent film de Spielberg et je me demande si à la fin on ne se retrouvera pas comme le héros Avner à se poser des questions sur la meilleur manière de répondre à la violence et à la force.


























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