Dans un édito dans le Monde d'hier, Bernard Henry Lévy explique éloquemment dans les motifs d'Israël et pourquoi il est nécessaire d’essayer plutôt de le comprendre plutôt que de rejeter toute la responsabilité du conflit sur cet état déjà tant diabolisé. La partie clé de son édito est la suivante :
« Non, le problème, le vrai, c'est que ces (ceux du Hezbollah sur les villes Israéliennes) bombardements font entrevoir ce qui se passera le jour, plus forcément très lointain, où les mêmes têtes de missile auront le double pouvoir : primo de viser encore plus juste et d'atteindre, par exemple, les installations pétrochimiques que vous voyez là, sur le port, en contrebas ; secundo, d'être elles-mêmes équipées d'armes chimiques semant une désolation à côté de laquelle Tchernobyl et le 11-Septembre réunis feront figure d'aimable prélude… Car telle est, en effet, la situation. Tels sont, vus d'Haïfa, les enjeux de l'opération en cours. Israël n'est pas entré en guerre parce qu'on avait juste "violé" sa frontière. Il n'a pas lancé ses avions sur le Liban sud pour le seul plaisir de "punir" un pays qui a permis à une milice armée de bâtir son Etat dans l'Etat. Il a réagi avec cette vigueur parce que la simultanéité des attaques sur ses villes et des déclarations du président iranien appelant à le rayer de la carte, la conjonction, pour la première fois dans une même main, d'une volonté annihilatrice et des armes qui vont avec, créait une situation nouvelle. Il faut entendre les Israéliens lorsqu'ils nous disent qu'ils n'avaient plus le choix. Il faut entendre Zivit Seri expliquer, devant un immeuble crevé par un obus et dont les dalles de béton se balancent au bout de leur ferraille tordue, qu'il était minuit moins cinq, dans le siècle, en Israël. »
BHL a raison d’insister sur le fait que les Israéliens n’ont pas voulu cette guerre mais qu’elle « leur est tombée dessus comme un mauvais destin ». Ce qui me désespère est le pressentiment que j’ai que cette guerre n’aura pas de gagnants mais que des perdants. La grande question que je me pose est celle de savoir s’il est possible pour une guerre d’être « juste » et infructueuse dans le sens où elle n’a pas de conséquences positives ou si toutes les guerres justes sont toujours utiles. J’avoue que je n’ai pas de réponses à cette question et que mon ignorance me frustre énormément.


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