J’ai regardé avec beaucoup d’intérêt la conférence de presse de Bush et Blair hier soir et je dois dire que c’était fascinant même si je suis restée sur ma faim.
- Bush et Blair me font penser à Bataille et Fontaine dans le sens où en les écoutant, on a l’impression de regarder une mise en scène si minutieusement répétée qu’on finit par se demander si on doit croire en ce qu’ils nous disent ou simplement accepter qu’ils font un show et rien d’autre.
- Je dois admettre que j’ai toujours admiré Blair. Hier, il a été très bon. Cependant, le problème est qu’il arrive toujours un moment où l’éloquence ne suffit plus et où il faut des résultats pour convaincre.
- Blair a dit quelque chose de très pertinent en disant que l’Occident devait être tout autant dédier à gagner la guerre en Irak que les terroristes étaient à empêcher que l’Irak ne devienne une démocratie. Pour lui, l’Irak est le symbole que la démocratie et la liberté sont des valeurs universelles. Selon lui, si ce symbole ne survit pas, l’Occident aura du mal à vaincre le terrorisme et l’intégrisme puisqu’elle ne pourra plus arguer que les différences qui existent entre elle et le reste du monde sont moins importantes que leurs valeurs communes.
- Le problème est que Blair n’est plus crédible. Pour utiliser ce genre d’argument basé en grande partie sur la morale, il faut avoir être crédible et être clean hors Blair ne l’est malheureusement plus. J’ai envie de croire Blair mais je n’y arrive pas parce que le passé est toujours vivant.
- Encore une fois, tout cela me rappelle l’émission de Bataille et Fontaine, « Y a que la vérité qui compte.» L’accent est mis sur l’émotion et sur des histoires croustillantes. Le message qui est donné aux téléspectateurs est que cette émission aide à résoudre des situations très difficiles. La question qu’on se pose toujours à la fin est la suivante : est ce qu’on peut regarder ce message si on ne croit pas en Bataille et Fontaine et surtout si on croit qu’ils ne nous vendent qu’une partie de la réalité et de la vérité ? Peut-on croire Blair et Bush en dépit du fait la situation en Irak est inquiétante et en dépit du fait qu’ils ne semblent pas être capables de résoudre cette crise sûrement parce qu’ils sont devenus trop absolus pour accepter de devenir pragmatiques.
- Les questions des journalistes étaient plutôt neutres et je pense que les journalistes Britanniques ont poser des questions qui étaient plus incisives que celles de leurs collègues Américains.
- La relation entre Blair et Bush semble être excellente. Je crois que Bush savait qu’il ne pouvait que tirer profit de la présence de Blair sur le même podium que lui pour parler d’un sujet qui mine son deuxième mandat l’Irak. La conférence de presse avait lieu à 19 heures 30 de Washington (24 heures 30 heure de Londres) et je pense qu’elle était destinée plus au public Américain qu’au public Anglais car Blair sait que se montrer avec Bush ne lui est jamais bénéfique.
- La dernière question a été posée, je crois, par un journaliste Britannique qui a demandé aux deux hommes de citer quelques unes des erreurs qu’ils avaient commises durant la crise Irakienne. Bush a dit qu’il regrettait quelques unes de ses phrases tels que « Bring it on » qu’il avait utilisé pour montrer que les troupes Américaines n’avaient pas peur d’affronter la violence en Irak et « Wanted dead or alive » qu’il avait utiliser pour dire qu’il voulait Ben Laden mort ou vit. Il a aussi dit qu’il pense que le scandale d’Abou Ghraib avait porté un coup sévère à l’action des Etats-Unis en Irak. En admettant cela, le fait qu’il n’ait pas accepté la démission de Rumsfeld ou qu’il ne le vire pas est non seulement une grave faute politique mais une énorme faute morale.
- Pour conclure, je pense que ce qui manque à ce débat est une voix crédible qui pourrait sans avoir se réjouir des problèmes des Américains et des Britanniques en Irak et sans refuser d’accepter le fait qu’il y a de graves problèmes en Irak, nous donner une autre perspective sur ce marasme qu’est la crise Irakienne. C’est pour cela que j’aimerais entendre plus Bernard Kouchner sur l’Irak.


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