Cette semaine a été pleine de questions sans réponses pour l’Amérique. La plus grande question est celle de l’immigration, celle de savoir si les Etats-Unis doivent rester un pays d’immigration ou plutôt fermer ses frontières en construisant un mur pour se protéger des clandestins. Un court moment, un compromis a été trouvé sur cette question qui aurait permis à de millions d’immigrés clandestins d’avoir enfin un statut légal mais l’idéologie l’a emportée sur la raison et surtout sur le pragmatisme. Ce qui m’inquiète dans ce débat est qu’il est dominé par les seuls problèmes d’immigration clandestine et de sécurité alors que d’autres problèmes existent. Il y a, par exemple, de nombreux diplômés pour qui il est difficile d’acquérir un statut légal à cause du nombre limité de visas disponibles. Un nouveau compromis sera certainement trouvé mais je me demande s’il ne portera pas un sérieux coup à l’accessibilité du rêve américain. L’autre question restée sans réponse est celle de savoir comment Bush va gérer le reste de son mandat ? Va-t-il se rapprocher du centre ou va-t-il au contraire chercher à galvaniser ses supporters en gouvernant plus à droite ? Je pense qu’il a gouverné plus à droite. Bush se trouve dans une situation assez identique de celle de Chirac dans le sens où parce qu’il ne sera pas candidat à sa situation et surtout parce qu’une seule question, la question Irakienne (la question sociale pour Chirac) domine son mandat, il perd son autorité. Il y a une élection à la fin de l’année et étant donné le fait que Bush est au plus mal dans les sondages, les élus de son propre parti, pour sauver leur peau, s’éloignent de lui. Bush sait qu’il n’a rien à gagner en gouvernant au centre mais tout à gagner en gouvernant à droite puisqu’il a besoin de son parti et de ses supporters pour garder le peu d’autorité qui lui reste et surtout pour ne être mis hors jeu dans la lutte qui a commencé pour sa succession. A mon avis, l’Amérique a pris froid et le rêve américain est enrhumé parce que l’Amérique est prise dans une sorte de vertige qui la fait douter de son modèle social et surtout du monde et des autres. La tentation quand on est enrhumé est de s’isoler du monde en pensant qu’il est plein de germes qui pourraient nous rendre encore plus malade. Je crois que l’Amérique va résister à cette tentation.


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