La BBC a un excellent article sur Bill Gates et sur sa vision du monde et du fûtur. Il est d’accord avec l’éditorialiste du New York Times, Tom Friedman que le monde est plat, que le monde a déjà été « globalisé » et que la globalisation un phénomène qu’il faut non craindre mais embrasser. Pour Gates, tout est une question de talent et d’éducation car la nationalité, les origines raciales ou ethniques et le lieu où on vit ont moins d’importance que ce qu’on fait. Il admet que la globalisation a des inconvénients (les délocalisations par exemple) mais il pense que des solutions sont possibles justement parce que la technologie rend les choses plus simples. Je suis assez d’accord avec Bill Gates mais je pense que venant du monde qu’il vient, il ne se rend pas bien compte qu’une grande partie du monde est totalement exclu des énormes progrès qui sont possible grâce aux développement de nouvelles technologies par des compagnies comme Microsoft et Google. Je sais bien que Gates à travers sa fondation investit beaucoup dans les pays sous-développé mais je pense que le problème n’est pas celui du manque d’esprit philanthropique mais de manque de moyens politiques. Je pense que dans le sud et dans les autres contrées moins développées que l’occident ce qui bloque l’évolution sociale est la politique.
Qu’est que j’entends par politique ? Par politique, je veux parler de gouvernance, de l’état, de ceux qui le dirigent, de tous ceux qui peuvent influencer les moyens dont ces pays sont gouvernés, et de la société civile. Je ne crois pas que les pays qui sont pauvres le sont parce qu’ils n’ont pas les ressources naturelles nécessaires ou les moyens d’être autre chose que pauvres. Je ne crois pas aux conclusions basées sur le déterminisme et la fatalité (parfois même des préjugés racistes) qui disent que ces pays là sont comme pauvres et en retard par rapport au monde moderne parce qu’ils ne peuvent pas être autrement. Le problème est qu’ils sont mal gouvernés. La politique est un moyen extrêmement puissant et elle qui peut détruire un pays quand elle est mal utilisée ou le galvaniser et le construire quand elle a des objectifs nobles comme l’unité nationale et le développement.
Bill Gates ne voit pas tout cela parce que quelque part cela l’arrange de penser que dans notre nouveau monde, le talent et l’éducation déterminent l’avenir de chaque individu. Cette vision du monde l’aide à croire que la seule raison pour laquelle il est l’homme le plus riche du monde est qu’il le mérite et qu’il est super- intelligent. Tout cela est vrai mais il y a un autre facteur qu’il ne doit pas être ignoré. Bill Gates a pu être Bill Gates parce qu’il a eu la chance de naître dans un pays où les institutions sont assez solides pour permettre aux politiques de jouer un rôle constructif. Bill Gales n’aurait certainement pas été Bill Gates s’il était né au Tchad ou au Pakistan.

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